la chirurgie a toujours existé mais
c'est depuis le XVIII eme siècle que
les plus grands progrès ont été faits

Les XVIIe et XVIIIe siècles

Les progrès chirurgicaux vont stagner pendant le XVIIème siècle. Mais deux événements royaux vont remettre la chirurgie à l'honneur : en effet lorsque Marie-Thérèse d'Autriche, l'épouse de Louis XIV, a un abcès à l'aisselle en 1683, Daquin, médecin du roi, s'oppose à ce que Dionos, le chirurgien, pratique une incision, ce qui aurait empêché l'abcès de s'ouvrir dans la poitrine. La reine en meurt. Puis Louis XIV est atteint d'une fistule anale en 1686, et toute les tentatives médicales ne donnent aucun résultat. Il fait alors appel à son chirurgien, un dénommé Felix Tassy qui le guérit, ce qui permet de redonner un crédit aux chirurgiens par rapport aux médecins.

Le XVIIIe siècle est l'une des plus grandes périodes de progrès chirurgicaux car en 1731, Louis XV inaugure l'académie royale de chirurgie à Paris, et en 1742 il rétablit l'égalité hiérarchique entre médecins et chirurgiens, alors que les médecins disaient auparavant : « Qu'il y avait de la folie d'imaginer que le chirurgien soit l'égal du médecin ».

Trois personnalités vont se succéder comme premier chirurgien du roi : Maréchal, La Peyronie et Pichault de la Martinière. C'est alors une période de créativité, de liberté d'action et de pensées, pendant laquelle Paris est considérée comme la capitale mondiale de la chirurgie. On vient de toute l'Europe pour se faire opérer par les chirurgiens parisiens. Parmi les techniques novatrices, on peut citer l'évacuation de l'hématome extra-dural, l'évacuation de l'abcès cérébral, la trachéotomie dans la diphtérie, l'extraction des lithiases du rein, le traitement de la cataracte… Jean-Louis Petit et Pierre-Joseph Dessault sont les deux grands praticiens de cette période. L'Académie royale de chirurgie est dissoute en 1793 par les révolutionnaires

La Révolution et l'Empire


Entre la Révolution et l'Empire, 20 ans de guerre créent la chirurgie et la médecine militaires. Les maladies (typhoïde, paludisme, typhus…) déciment les armées plus que les blessures, néanmoins le travail des chirurgiens est important et on crée des écoles de santé pour former non plus des docteurs mais des officiers de santé.

En France, sous le Premier Empire, Dominique Larrey et Percy sont les chirurgiens les plus illustres. En particulier Larrey, adulé par les soldats, qui développe le traitement précoce des blessures et rapporte des observations de troubles amnésiques et épileptiques à la suite des plaies crânio-cérébrales. Les plaies du thorax sont traitées, les fractures des membres sont immobilisées en attelles, mais on ne sait toujours pas soigner efficacement les plaies et les fractures ouvertes des membres qui font l'objet d'une amputation systématique. Lors de la bataille de Borodino, Larrey aurait effectué 200 amputations en 24 heures, avec une mortalité de 3 sur 10. Les complications des plaies de guerre sont nombreuses (choc traumatique, gangrène gazeuse, tétanos…).

Le chirurgien Pierre Lefort se distingua également par de remarquables travaux sur la fièvre jaune dont il tentera de préserver les habitants de la Martinique.

Après la chute de l'Empire en 1815, la pratique civile reprend ses droits. Dupuytren est la personnalité la plus marquante de cette époque ; sa mortalité opératoire est inférieure à celle de Larrey (1/15) ; il traite de façon innovante de nombreuses pathologies.

La deuxième moitié du XIXe siècle connaît à nouveau une phase de régression à cause de la fréquence des infections. Les locaux, le mobilier, le comportement des chirurgiens et des soignants favorisent l'infection, qu'ils considèrent comme une fatalité. On atteint 84% de décès post-opératoires ! Les progrès viennent d'Angleterre, avec des locaux plus aérés, et moins de promiscuité entre les malades ; les Anglais ont seulement 48% de décès post-opératoires… Malgré la fréquence et la gravité des infections post-opératoires, les techniques continuent de se développer (chirurgie du larynx, ablations de la rate en 1857, ablation du rein en 1869...)

Le matériel et les instruments chirurgicaux s'améliorent et l'orthopédie devient peu à peu une spécialité chirurgicale.

Les instruments chirurgicaux du XIXe siècle:




































Trousse chirurgicale du XIXe siècle:





















Boîte d'yeux artificiels du XIXe siècle:



















A cette époque, les prothèse oculaires étaient en verre. Leur forme, leur dimension et leur couleur étaient adaptées à chaque patient.

Salle d'opération du XIXe siècle:


















Dans la deuxième moitié du XIXe siècle



Deux découvertes vont révolutionner la pratique chirurgicale et ses résultats : l'anesthésie et l'asepsie.

L'anesthésie naît aux États-Unis, où Faraday découvre les propriétés anesthésiques de l'éther. La première utilisation humaine est réalisée par William Thomas Green Morton, un dentiste de Boston, en 1846. L'éther va transformer les conditions opératoires ; les opérations cessent d'être des séances de tortures. Louis Hubert Farabeuf dira : « Désormais il faut opérer bien et non plus opérer vite, le temps ne compte plus ».

L'antisepsie est initiée par Semmelweis à Budapest en 1847. Il observe que des infections sont transmises en milieu hospitalier. Il utilise pour la première fois le chlorure de chaux pour le lavage des mains, il fait ainsi réduire les taux d'infection à quelques pourcents seulement. Mais sa situation sociale et politique ne lui donne aucune crédibilité. Joseph Lister en 1867 applique les découvertes de Louis Pasteur et opère avec un spray aseptisant, sa mortalité opératoire passe alors de 48% à 10%. L'asepsie est ensuite mieux appliquée grâce à l'usage de gants en caoutchouc. La conception du bloc opératoire n'arrive à Paris qu'en 1912.

 

 

Laura-Lee VIGOUROUX, Camille NICOT

I] Les XVIIe et XVIIIe siècles

II] La Révolution et l'Empire

III] Les instruments chirurgicaux du XIXe siècle:

IV] Trousse chirurgicale du XIXe siècle:

V] Boîte d'yeux artificiels du XIXe siècle:

VI] Salle d'opération du XIXe siècle:

VII] Dans la deuxième moitié du XIXe siècle

LA CHIRURGIE