Le mot biologie a été forgé dans les toutes premières années du XIXe :
c'est le témoignage d'une rupture dans ce que deviendront les sciences de la vie.
En effet, jusqu'à la fin du XVIIIe, la « vie » n'existe pas, mais seulement les êtres vivants. Au XIXe tout change : on distingue les corps vivants des corps inertes.
C'est la vie, propriété au plus profond de l'être, qui sépare ces deux types de corps qu'on cherchera alors à étudier. A cette époque, l'anatomie comparée connaît un grand essor. Georges Cuvier d'un côté, Geoffroy Saint-Hilaire de l'autre, apportent chacun leur contribution décisive à cette discipline. Le premier en établissant les corrélations nécessaires entre toutes les fonctions pour qu'un organisme se développe, le second en révélant les homologies importantes que l'on retrouve dans le plan d'organisation de tous les animaux. Sur ces bases, Charles Darwin pourra étudier la variation au sein des espèces, l'adaptation des organismes aux différents milieux, et en tirer la théorie de la sélection naturelle pour expliquer l'évolution. On assistera aussi à l'élaboration de la théorie cellulaire par Schwann. Les physiologistes dévoileront les mêmes constituants fondamentaux dans tous les organismes. Claude Bernard mettra en lumière l'existence d'un milieu intérieur dans les organismes les plus évolués tandis que Pasteur peuplera l'environnement de milliards de microbes avant d'inventer la vaccination. De son côté, un moine polonais, Mendel, posera les bases de la transmission des gènes grâce à ses travaux sur le petit pois… Darwin, Bernard, Pasteur, Röntgen, Charcot, Magendie, Freud : autant d’illustres noms associés à cette période riche de l’histoire des sciences. Ainsi à l’ouverture du lycée Saint Sernin aux jeunes filles de Toulouse, en 1884, la plupart des fondements scientifiques de la biologie moderne sont solidement posés.

D’après Paul Mazliak
« Les fondements de la biologie », 2002.